• Alison B.

Ayahuasca Témoignage : De la fragmentation à la complétude / unité




Entre le moment où j’ai entendu parler de l’ayahuasca pour la première fois et le moment où j’ai passé le pas, il s’est passé plus de cinq ans. Ma réaction initiale était “jamais de la vie” : cette expérience englobait toutes mes peurs et phobies !


Naturellement donc, j’ai continué à “vivre”, à avoir des comportements destructeurs, des relations toxiques (physiques comme émotionnelles), jusqu’à ce que j’arrive à un point que je considérais confortable dans ma vie. J’avais soi-disant expérimenté suffisamment pour ne pas reproduire les erreurs du passé.


Ah, ce passé qui nous définit tant. Et pourtant, une de mes motivations principales à essayer l’ayahuasca était… de tirer un trait sur ce fameux passé. J’espérais redevenir un bébé qui vient de naître, et qui regarde tout avec émerveillement pour la première fois. Je voulais aussi que mes phobies arrêtent de me pourrir la vie. Je cherchais un moyen de m’exprimer, d’exister, et d’arrêter de m’identifier aux histoires que je (me) racontais : ces histoires d’abus, d’humiliation, de manipulation, de victime, de rejet, etc…

Sur une retraite de 3 jours avec Alison, je suis passée par plusieurs phases.

Quand on est enfant, on pense qu’il y a des monstres dans notre chambre ou sous notre lit, alors on se cache sous la couette, pour réaliser finalement que ces monstres n’étaient que dans nos têtes. Malgré leur inexistence, la panique et la peur provoquées sont réelles. Mais en changeant ma perspective, cela m’a permis simplement de réaliser que le film que je me faisais dans ma tête n’était que ça : un film, et qu’il me suffisait d’éteindre cet écran mental pour revenir à l’instant présent, et me prouver qu’il n’y a pas de monstres sous le lit.


Cette première session m’a aussi permise de m’ouvrir à d’autres champs d’informations et de, un peu comme une multiprise sur laquelle une seule source de courant serait branchée, j’ai découvert qu’en fait j’ai de multiples sources à ma portée, même si j’étais branchée toujours à une source unique. J’ai basculé de la paranoïa au concept inverse, ce qu’on appelle la pronoïa, qu’au lieu de subir les événements extérieurs comme ce monde et ses habitants qui nous veulent tant de mal, ils fonctionnent en fait pour moi et mon évolution. Je n’ai pas toujours ce que je veux, mais exactement ce dont j’ai besoin.


Lors de la deuxième session, j’étais très mal physiquement et psychologiquement. J’espérais que la médecine règle les problèmes et mes peurs à ma place, sauf que la médecine m’a mise dans une position où j’ai dû envisager toutes les solutions possibles pour me sortir de cette situation, qui incluait uniquement des scénarios avec mes plus grandes peurs. Je suis donc passée de l’évitement de ces situations, sources d’angoisses, à rechercher à provoquer ces situations. Et pourtant, même en optant pour un scénario parmi les nombreuses possibilités, ce que je craignais n’est jamais arrivé.


J’étais arrivée avec une idée en tête de ce qu’allait être ma guérison, et tant que je n’avais pas atteint ce but, c’était l’échec pour moi. Or lors de cette retraite, la médecine ne m’a jamais donné ce que j’avais mentalement établi. On pense souvent que l’inverse d’une phobie est la solution pour guérir : comme les arachnophobes, le but serait de toucher une araignée. Bien que ça puisse bien sûr être le cas, ce n’est pas la seule option.

Le 3e soir, je suis passée d’un sentiment d’échec à m’occuper de ma guérison, d’un état fragmenté, à un état d’unité, de complétion, d’amour inconditionnel pour moi-même, en réalisant que c’était comme ça que je guérissais, en aimant chaque partie de moi, peu importe si elle est abîmée, laide, belle, rayonnante…


A la fin de la retraite, ma perspective sur l’amour, la peur, le passé, les gens, les relations, et le monde en général avaient déjà changé. Mes idées et mes croyances ont continué (et continuent encore) à se transformer, jusqu’à modifier mon sommeil et mes rêves, et de transformer mes rêves en réalité. Il y a quelques mois, j’ai rêvé d’un monde où tout était possible énergétiquement parlant. Dans mon rêve, j’ai commencé à vibrer de l’intérieur, jusqu’à ce que je me réveille, en vibrant aussi. Techniquement, le rêve s’était matérialisé.


Les vibrations internes ont continué pendant des semaines, puis se sont atténuées. Et le cocon de la retraite semblait se disperser pour regagner le train-train habituel. Et une nouvelle peur est arrivée : celle de ne plus pouvoir rester dans cet état. Mais c’est un choix. Et c’est un des récents apprentissages depuis cette retraite il y a 3 mois : vais-je choisir l’amour, le rayonner et le vibrer, ou vais-je choisir la peur ? Et chaque jour, on se doit consciemment de faire ce choix.


L.R.

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