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Dire la vérité sur la spiritualité, sans écraser ceux qui cherchent encore


Ces dernières semaines, j’observe…


Ça fait quelques semaines maintenant que j’observe ce qui circule sur les réseaux sociaux.

De plus en plus de personnes prennent la parole pour dénoncer les dérives de certaines voies spirituelles, les mensonges, les illusions, ce qu’on appelle parfois l’ego spirituel.


Et je dois être honnête : je résonne avec beaucoup de ces messages.

Je sens qu’il y a là quelque chose de vrai.

Quelque chose qui mérite d’être nommé.


Oui, il y a beaucoup de confusion aujourd’hui dans le monde de la spiritualité.

Oui, il y a des récits enjolivés, des promesses implicites de transformation rapide, des mises en scène du « réveil ».

Oui, certaines approches entretiennent davantage le personnage que la vérité.


Mais en même temps, quelque chose me gêne profondément dans la manière dont ces dénonciations sont souvent formulées.



Quand la lucidité perd la bienveillance


Ce qui me frappe, ce n’est pas tant le fond de ces critiques (souvent juste) que le ton, la dureté, parfois même le mépris qui les accompagne.


Comme si voir clair autorisait à juger.

Comme si avoir compris quelque chose donnait un droit moral à écraser ceux qui ne l’ont pas encore vu.


Or je suis profondément convaincue d’une chose :

chaque personne essaie sincèrement de faire du mieux qu’elle peut avec le niveau de conscience qui est le sien à un instant donné.


Même quand elle se trompe.

Même quand elle se raconte des histoires.

Même quand elle entraîne d’autres personnes dans ces histoires.


Dans la majorité des cas, il ne s’agit pas de manipulation consciente.

Il s’agit de peur.

De blessures non regardées.

D’un immense besoin d’exister, d’être reconnu, d’être aimé.



Le personnage spirituel : une identité de remplacement


Là où beaucoup de critiques touchent juste, c’est lorsqu’elles mettent en lumière la construction d’un personnage spirituel.


Un personnage spécial.

Un personnage « activé ».

Un personnage porteur de dons, de pouvoirs, de capacités extraordinaires.


Pourquoi ce besoin ?

Parce qu’être simplement soi, sans histoire particulière, sans rôle valorisant, sans aura mystique, est parfois insupportable pour l’ego.


Alors on se fabrique une identité spirituelle.

On s’appuie sur des expériences intenses, souvent corporelles ou émotionnelles.

On les transforme en preuves de sa singularité.


Peu à peu, ce n’est plus la vérité intérieure qui compte, mais le récit.

L’expérience devient une validation.

L’histoire devient une carte d’identité.


Et plus l’histoire est spectaculaire, plus le personnage semble exister.



Quand l’histoire sert à éviter la responsabilité intérieure


Il y a quelque chose de très subtil dans ce mécanisme :

le personnage spirituel permet d’éviter d’aller regarder ce qui est réellement là à l’intérieur.


Tant que je peux dire :

« Il m’est arrivé quelque chose d’extraordinaire »,

je n’ai pas à regarder :

« Qu’est-ce que je fuis encore ? »


Tant que je me définis par ce que j’ai vécu,

je peux éviter de me confronter à ce qui, en moi, reste non reconnu, non aimé, non assumé.


L’histoire devient une protection.

Une armure lumineuse.

Un moyen de ne pas prendre pleinement la responsabilité de son esprit.



Le contrat invisible : guérisseur et victime


À partir de là, un échange très courant se met en place, souvent inconsciemment.


Un marché invisible.


Je t’achète ton personnage de guérisseur.

Tu m’achètes mon personnage de personne à réparer.


L’un a besoin de quelqu’un qui fait, qui active, qui soigne, qui libère.

L’autre a besoin de quelqu’un à sauver, à accompagner, à transformer.


Et chacun valide l’identité de l’autre.


Mais au fond, personne ne reprend vraiment sa souveraineté intérieure.


Car tant que je crois que quelque chose ou quelqu’un à l’extérieur doit me transformer,

je peux éviter de regarder ce qui, en moi, demande simplement à être vu, reconnu, traversé.



La spiritualité du spectaculaire


Aujourd’hui, ce qui fonctionne dans le monde spirituel, ce n’est pas la simplicité.

C’est le spectaculaire.


Les retraites pleines sont souvent celles qui promettent le plus.

Celles qui donnent l’impression d’un avant et d’un après.

Celles qui proposent une baguette magique.


On voit apparaître de plus en plus de techniques qui agissent directement sur le système nerveux, parfois de manière très brutale.

Des montées intenses.

Des décharges émotionnelles.

Des catharsis fortes.


Et pourtant, une question essentielle est rarement posée :

est-ce vraiment nécessaire ?


Ou est-ce simplement plus séduisant que la voie discrète, humble, silencieuse…

celle qui ne donne rien à montrer, rien à raconter, rien à vendre ?



Pourquoi préférons-nous le faux au vrai ?


Il existe une compréhension profonde, partagée par de nombreux enseignements non duels :

l’esprit humain préfère souvent une illusion rassurante à une vérité simple.


Pourquoi ?

Parce que la vérité ne flatte pas le personnage.

Elle ne lui donne pas de rôle.

Elle ne lui promet pas de devenir quelqu’un de plus.


Au contraire, elle invite à laisser tomber les identités,

les récits,

les fonctions spirituelles.


Et cela peut être vécu comme une perte énorme.


Car si je ne suis plus « celui qui a vécu quelque chose d’exceptionnel »,

qui suis-je ?



Dureté, confrontation… ou encore le jeu du « j’ai raison »


Et c’est ici que je veux revenir sur la manière dont certaines dénonciations sont faites.


Quand la critique devient dure, tranchante, humiliante,

on glisse très vite dans une autre forme d’ego :

le « j’ai raison et tu as tort ».


Même si le fond est juste,

la forme recrée de la séparation.


Et dans cette dynamique-là, il n’y a pas vraiment d’avancée possible.

Parce que chacun reste campé dans sa position,

chacun défend son identité,

celui qui sait contre celui qui se trompe.


Cela dit, je veux être honnête aussi :

oui, il y a des personnes qui se réveillent parce qu’elles sont confrontées.

Parce que ça pique.

Parce que ça fait mal.

Parce que quelque chose se fissure.


La confrontation n’est donc pas toujours inutile.

Mais elle n’est pas une vérité universelle.


De mon côté, je choisis la douceur.

Pas par naïveté.

Pas par peur du conflit.

Mais parce que je sens que c’est la voie juste pour moi.



Ce que dit réellement Un Cours en Miracles


Si je me réfère à l’enseignement d’Un Cours en Miracles, le message est très clair :

ce n’est pas le contenu de l’illusion qui est à combattre,

mais la croyance en la séparation qui est à guérir.


Le Cours n’invite jamais à corriger les autres.

Il n’invite jamais à convaincre.

Il n’invite jamais à attaquer l’erreur.


Il invite à changer de regard.

À choisir un autre enseignant dans l’esprit.

À laisser l’amour corriger ce que la peur a fabriqué.


Dans cette perspective, attaquer l’illusion chez l’autre,

c’est encore croire que l’illusion a un pouvoir réel.



Un cours obligatoire… pour tout le monde


Et puis il y a cette idée fondamentale, que j’aime profondément :

le réveil n’est pas optionnel.


C’est un cours obligatoire.

Pour chacun d’entre nous.


Peu importe le chemin.

Peu importe les détours.

Peu importe le temps que cela prend.


Nous finirons tous, tôt ou tard, par être guidés intérieurement vers la même reconnaissance.

Vers la même paix.

Vers la même voix douce, patiente, non violente.


Cette voix que le Cours appelle le Saint-Esprit.


Alors plutôt que de dénoncer avec dureté,

plutôt que de vouloir avoir raison,

je préfère rester au service de cette douceur-là.


Parce qu’au fond,

ce n’est pas l’illusion qui a besoin d’être combattue,

c’est la peur qu’il s’agit d’abandonner à l’amour.

 
 
 

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